Votre enfant étudiant travaille pour votre société ?
Votre enfant étudiant souhaite travailler pendant les week-ends et/ou les vacances afin de gagner un peu d’argent, et pourrait en fait être utile à votre entreprise. Deux possibilités s’offrent alors à lui : vaut-il mieux qu’il le fasse en tant qu’étudiant jobiste ou en tant qu’étudiant indépendant ?
-
Quand devez-vous introduire votre déclaration à l’impôt des personnes physiques pour l’exercice d’imposition 2026 (année de revenus 2025) ?
Les contribuables qui introduisent leur déclaration IPP relative aux revenus 2025 en ligne via MyMinfin (Tax-on-web) ont jusqu’au 15 juillet 2026 inclus pour le faire, qu'ils le fassent eux-mêmes ou via un mandataire. Tax-on-web ouvrira fin avril 2026.
-
Récupérer la TVA sur l'achat d'une voiture via votre société en 2026
Souhaitez-vous acheter une nouvelle voiture avec votre société en 2026? Vous savez sans doute que les frais de voiture ne seront alors déductibles à l’impôt des sociétés que si vous achetez un véhicule entièrement sans émissions, comme une voiture 100 % électrique. Mais cela vaut-il aussi pour la TVA ?
-
Frais de publication des actes de sociétés et associations indexés depuis le 1er mars 2026
Les frais de publication des actes de société au Moniteur belge sont indexés chaque année le 1er mars.
Votre enfant étudiant jobiste
Si votre enfant travaille comme étudiant jobiste, ce qui est possible à partir de 15 ans, il a le statut d’employé. Il est donc sous votre autorité et votre surveillance, le droit du travail s’applique, et vous devez introduire une déclaration Dimona au plus tard à sa date d’entrée en service. Vous ne signez toutefois pas un contrat de travail ordinaire, mais un contrat spécial de travail étudiant.
Votre société doit payer l’ONSS, mais tant que votre enfant ne travaille pas plus de 650 heures par année civile en tant qu’étudiant jobiste, le taux est beaucoup plus bas que pour les travailleurs. Votre société doit retenir 2,71 % (au lieu de 13,07 %) à titre de cotisations ONSS des travailleurs et ne paie qu’une cotisation patronale de 5,42 % (au lieu de 25 %). Si votre enfant travaille plus de 650 heures, les cotisations ONSS ordinaires doivent être payées sur le surplus.
Les règles relatives au droit aux allocations familiales sont typiquement belges :
- Flandre : jusqu’au mois de ses 18 ans (les allocations familiales y sont appelées «groeipakket» ) ;
- Wallonie et Bruxelles : jusqu’au 31 août de l’année de ses 18 ans.
Ensuite, jusqu’à l’âge de 25 ans :
- Flandre et Wallonie : le droit est lié à la condition que votre enfant travaille maximum 650 heures avec des cotisations ONSS réduites et, au-delà, maximum 80 heures par mois (Flandre) ou 240 heures par trimestre (Wallonie) avec les cotisations ONSS normales ;
- Bruxelles : la limite de 650 heures ne s’applique pas, mais votre enfant ne peut pas travailler plus de 240 heures au cours des premier, deuxième et quatrième trimestres (il n’y a donc pas de restriction pendant l’été), qu’il s’agisse d’un contrat étudiant ou d’un contrat de travail ordinaire.
Votre société ne doit pas retenir le précompte professionnel (Pr P), à condition que votre enfant ne travaille pas plus de 650 heures avec des cotisations ONSS réduites.
Votre enfant reste à votre charge tant que ses «ressources nettes» ne dépassent pas 12 300 € (montant pour 2026). Les salaires provenant de jobs étudiants sont exclus du calcul de ces ressources nettes jusqu’à concurrence d’un montant net de 7 010 €. Des frais forfaitaires de 20 % peuvent en outre être déduits des revenus d’étudiant jobiste (ou de travailleur ordinaire), avec un minimum de 580 €. En conclusion, pour ne plus être à charge, votre enfant devrait donc percevoir, en 2026, une rémunération brute provenant de jobs étudiants supérieure à 24 137 € (= [12 300 € + 7 010 €]/80 %).
Votre enfant ne doit pas payer des impôts, sauf s’il dispose d’un revenu imposable supérieur à la quotité exemptée, qui s’élève à 11 550 € pour 2026. Les revenus nets supérieurs à ce montant sont imposables. Jusqu’à 16 720 € p.ex., le taux d’imposition est de 25 % (+ additionnels communaux).
Votre enfant étudiant indépendant
S’il travaille pour votre société en tant qu’étudiant indépendant, ce qui n’est possible qu’à partir de 18 ans, deux possibilités s’offrent à vous : soit vous le nommez co-administrateur de votre société, soit il travaille en tant que «véritable» indépendant, c.-à-d. comme indépendant en nom personnel.
La nomination d’un administrateur doit être effectuée par l’assemblée générale et faire l’objet d’une publication dans les annexes du Moniteur belge (depuis le 1er mars 2026, cela coûte 286,17 €).
Si vous nommez votre enfant administrateur, il peut en principe signer des contrats au nom et pour le compte de votre SRL. Vous pouvez limiter ses pouvoirs dans les statuts, mais cela implique de les modifier, ce qui vous coûtera plus de 1 000 €. Cette limitation ne vaudra en outre qu’en interne et ne sera pas opposable aux fournisseurs ou aux clients.
Si votre enfant travaille comme indépendant en nom personnel, il doit s’inscrire à la BCE via un guichet d’entreprises et en principe aussi activer son numéro d’entreprise comme numéro de TVA. Il est alors préférable de rédiger un contrat entre votre société et votre enfant, précisant les tâches qu’il effectuera pour votre société et la rémunération correspondante.
S’il est indépendant en nom personnel, vous devez être attentif à ce qu’il ne soit pas considéré comme un faux indépendant. En soi, ni le lien familial ni le fait qu’il n’ait que votre société comme client ne constituent une preuve en ce sens, mais il est essentiel que votre enfant soit libre d’organiser son travail comme il l’entend, ne soit pas sous votre autorité et supporte lui-même les risques économiques liés à son activité.
Votre enfant doit payer des cotisations sociales, mais en 2026, un étudiant indépendant n’en paiera que si son revenu imposable est supérieur à 8 687 € (20,50 % jusqu’à 75 000 €).
Le droit aux allocations familiales est maintenu, quel que soit le nombre d’heures prestées par votre enfant.
Votre société doit-elle retenir le Pr P ? Si votre enfant est administrateur, en principe oui. Cependant, en pratique, en raison du montant limité de sa rémunération, ce n’est normalement pas nécessaire. S’il est indépendant en nom personnel, votre société ne doit bien sûr pas retenir de Pr P.
Votre enfant reste-t-il à votre charge ? Oui, aux mêmes conditions qu’un étudiant jobiste. Les revenus provenant de son activité d’ étudiant indépendant ne sont donc pas pris en compte dans le calcul de ses ressources nettes, jusqu’à concurrence d’un montant net de 7 010 €. Si toutefois votre enfant est a dministrateur de votre société, il n’est plus à charge si son salaire brut provenant de votre SRL est supérieur à 2 000 € (ce montant n’est pas indexé) et représente plus de 50 % de ses revenus imposables totaux (hors pensions alimentaires).
Doit-il payer des impôts ? La règle est la même que pour un étudiant jobiste, donc normalement non.
Exemple chiffré
En 2026, votre société verse 10 000 € à votre enfant à titre de rémunération d’étudiant ou de dirigeant d’entreprise, ou pour les prestations fournies en tant qu’indépendant en nom personnel.
|
Vous payez 10 000 € bruts |
1. Jobiste |
2. Administrateur |
3. Indépendant |
|
Frais pour votre société |
10 000 € |
10 000 € |
10 000 € |
|
- ONSS ou cotisations sociales |
- 813 € (ONSS) |
- 277 € (cotisations) |
- 277 € (cotisations) |
|
= Salaire net |
9 187 € |
9 723 € |
9 723 € |
|
Votre enfant paie-t-il des impôts ? |
Non (le revenu imposable reste inférieur à la quotité exemptée) |
||
|
Recevez-vous toujours les allocations familiales ? |
Oui |
||
|
Est-il toujours à charge ? |
Oui |
Non (salaire > 2 000 € et > 50 %) |
Oui |
Dans cet exemple, les différences financières entre les statuts d’étudiant jobiste et indépendant sont assez faibles, mais si votre enfant est administrateur, il n’est plus à charge. Pour le reste, cela dépend du type de travail que votre enfant veut exercer (à l’avenir). Le statut d’étudiant jobiste est généralement plus avantageux, sauf s’il doit vous succéder à la tête de l’entreprise ou souhaite créer sa propre entreprise.